Broyeur vertical LM
Reprend un aliment concassé à large calibre, broie, classe et sèche dans la même enceinte. Le choix naturel quand le calcaire arrive humide de front.
Voir la fiche
La mâchoire est l’étage le moins cher de la ligne et le plus mal traité. Sur un calcaire, presque tout se joue avant la pierre : le calibre admis, le remplissage de la chambre et l’ouverture choisie en fonction du broyeur qui suit.
Un calcaire de carrière arrive en blocs de trois cents à huit cents millimètres, et la poudre de filler en réclame moins de cinquante microns. Entre les deux, la mâchoire ne fait qu’un poste : ouvrir le caillou à un calibre que la suite peut avaler. Ce poste unique mérite pourtant un réglage propre, car c’est lui qui fixe le débit, l’usure et la stabilité du broyeur fin.
Les deux pages concassage et broyage posent la frontière des deux gestes et l’enchaînement des étages explique la répartition de l’énergie. Cette page traite seulement de la mâchoire sur calcaire : ce qu’on lui donne à manger, ce qu’elle rend, et ce qu’elle coûte en pièces.
La roche est tendre à l’échelle géologique : la calcite tient trois sur l’échelle de Mohs, et la résistance en compression d’un calcaire courant se situe le plus souvent entre trente et cent cinquante mégapascals, avec des variantes cristallines plus denses qui montent plus haut. Pour une mâchoire, cela signifie un arrachement facile, un réglage qui tient, et une usure modérée tant que la matrice reste carbonatée.
Deux impuretés changent le tableau. La silice libre d’abord : un quartz à sept sur l’échelle de Mohs dans une matrice tendre travaille comme un abrasif fin, et la tenue des joues se joue là, non sur la dureté nominale de la roche. En dessous d’environ cinq pour cent de silice libre, l’usure reste lente ; au-delà de dix à quinze pour cent, elle se paie deux à trois fois plus cher en pièces, à débit égal.
L’argile ensuite. Un calcaire marneux ou une carrière sous terre végétale apporte de la matière collante, qui ne use pas la machine mais la bourre : la chambre se chemise de matière, le produit s’agglomère, et le criblage aval s’aveugle. L’humidité admissible d’un étage sec se juge là, et le réglage qui suit n’est pas un réglage de mâchoire mais un réglage de vidange.
Le calibre maximal d’un bloc ne se décide pas à l’œil mais d’après l’ouverture de la gueule : on retient environ quatre-vingts pour cent de la largeur et de l’écartement d’entrée. Un bloc qui passe au mètre ruban peut malgré tout être celui qui coince. Le dégrillage de front, la sélection au pic en carrière ou un tri grossier à l’amenée évitent les blocs de refente qui bloquent une chambre pour trois quarts d’heure.
Le second point est le remplissage. Une mâchoire rend sa granulométrie quand la chambre reste pleine à régime constant : les blocs se pressent les uns contre les autres et l’énergie va dans la matière. Une chambre qui travaille à vide laisse les pierres rebondir, ce qui use les joues pour rien et envoie du surdimensionné. Une chambre noyée, elle, sature, ralentit et finit par caler sous une charge qui ne peut plus descendre.
Entre la trémie et la gueule, un calcaire humide et stratifié forme voûte : les blocs s’accrochent sur les parois et la machine tourne à vide alors que la trémie est pleine. Le remède n’est pas dans la mâchoire mais dans son amenée — une trémie à paroi suffisante, un alimentateur vibrant dimensionné, et un racleur là où la géométrie s’y prête. Un pontage répandu use une joue en quelques semaines autant qu’une production normale en une saison.
Le réglage utile d’une mâchoire est sa plus petite ouverture, celle du côté fermé, que les catalogues anglophones notent closed side setting. Il se règle par cales ou par vérin hydraulique selon le modèle, et il fixe la grosseur du produit, pas sa finesse. Le taux de réduction usuel d’une mâchoire est de l’ordre de six pour un : au-delà, la chambre travaille hors de son domaine.
La taille soixante-dix à quatre-vingts pour cent passante se situe entre une et une fois et demie l’ouverture réglée. Avec dix à trente pour cent de surdimensionnés selon la roche et le remplissage. Le calcaire stratifié rend de plus des éclats plats et allongés : sa courbe est plus étalée que celle d’un cône à réglage égal, et ce sont précisément ces grossiers que l’étage suivant doit reprendre.
| Ouverture de cent cinquante millimètres | Taille quatre-vingts pour cent passante autour de deux cents millimètres, produit de reprise de tas | Convient à un convoyeur vers un poste de broyage grossier déporté |
| Ouverture de cent millimètres | Taille quatre-vingts pour cent passante de cent vingt à cent cinquante millimètres | Le réglage le plus courant quand la mâchoire nourrit un concassage secondaire |
| Ouverture de soixante millimètres | Soixante-quinze à quatre-vingt-dix millimètres passants à quatre-vingts pour cent | Encore trop gros pour un broyeur fin, qui demande de l’ordre de zéro à trente millimètres |
| Ouverture de quarante millimètres | Cinquante à soixante millimètres, avec une part nette de plat | Zone de saturation : joues plus chaudes, débit en baisse, usure en hausse |
La question « combien de millimètres à la mâchoire » est mal posée. Elle devient « quel calibre le broyeur accepte-t-il », et la réponse se trouve dans la machine aval : un broyeur à rouleaux ou trapézoïdal reprend de l’ordre de vingt à trente millimètres, un broyeur vertical accepte davantage selon sa table. Fermer la mâchoire pour supprimer un étage intermédiaire est presque toujours perdant.
L’écart de coût explique ce choix. L’étage primaire coûte de l’ordre de deux dixièmes à six dixièmes de kilowattheure par tonne. Atteindre deux cents mesh, soit soixante-quatorze microns, en coûte trente à quarante-cinq par tonne sur un broyeur à boulets, nettement moins sur un broyeur vertical à lit de matière comprimée, dans les proportions détaillées par la page sur le couple concasseur-broyeur. La mâchoire n’est donc pas faite pour approcher la poudre : elle est faite pour livrer le meilleur calibre au meilleur prix, et un étage intermédiaire reste la solution la moins chère quand la cible est fine.
Les joues sont l’organe qui paie. En manganèse aux environs de dix-huit pour cent, profil ondulé pour le gros calibre et plus lisse quand l’ouverture se ferme, elles durent de six à dix-huit mois sur un calcaire propre. La teneur en silice libre est le premier facteur, l’ouverture réglée le second : plus la mâchoire ferme, plus la zone de contact est longue par tonne.
Le reste se joue sur deux protections. La bielle ou le levier de sécurité, qui cède avant la machine quand un acier entre dans la chambre, et la grille de dégrillage amont, qui retire avant la gueule la fraction déjà plus petite que l’ouverture : cette part ne contribue pas au concassage, elle ne fait que circuler user et échauffer. Un dégrillage bien conduit gagne plusieurs pour cent de débit sans toucher au réglage.
De la trémie à la reprise du surdimensionné, la mâchoire ne se juge pas seule.




Reprend un aliment concassé à large calibre, broie, classe et sèche dans la même enceinte. Le choix naturel quand le calcaire arrive humide de front.
Voir la ficheRouleaux et piste sur bâti compact, classement intégré : adapté à une ligne de filler calcaire conduite à débit régulier.
Voir la ficheEncombrement réduit et aliment de quelques dizaines de millimètres : la solution de reprise quand la mâchoire existe déjà.
Voir la fichePour un calcaire de charge ou de désulfuration très fin, avec un aliment déjà bien réduit par l’étage primaire.
Voir la ficheElle se déduit de la machine aval, pas d’un objectif de finesse. Un broyeur fin attend un aliment de l’ordre de zéro à trente millimètres, et une mâchoire primaire tourne confortablement entre soixante et cent cinquante millimètres d’ouverture côté fermé. Vouloir descendre la mâchoire sous quarante millimètres pour supprimer un étage fait tourner la chambre en saturation : le produit s’ovalise, les joues chauffent et le débit tombe.
La taille soixante-dix à quatre-vingts pour cent passante se situe entre une et une fois et demie l’ouverture côté fermé, avec une fraction surdimensionnée de dix à trente pour cent selon la roche et le remplissage de la chambre. Le calcaire, stratifié, rend des éclats plats et allongés : sa courbe est plus large que celle d’un cône à réglage égal, et ce sont ces grossiers que l’étage suivant reprend.
À faible teneur en silice libre, oui : la calcite tient trois sur l’échelle de Mohs et des joues en manganèse dix-huit pour cent y tiennent souvent six à dix-huit mois. Au-delà d’environ cinq pour cent de quartz, la tenue est divisée par deux ou trois, et l’argile collée, elle, n’use pas : elle bourre la chambre, échauffe et aveugle le criblage aval.
Oui, mais sans la noyer. Une mâchoire rend sa granulométrie quand la chambre reste pleine à régime constant ; une chambre qui travaille à vide laisse les blocs rebondir, ce qui use les joues et produit du surdimensionné. Un alimentateur avec grille de dégrillage, qui retire avant la chambre la fraction déjà plus petite que l’ouverture, protège la machine et augmente le débit utile.
Quatre pages du site pour convertir le produit d’une mâchoire en poudre qui se vend.

Les cibles de finesse usuelles du calcaire industriel, de l’amendement agricole à la charge blanche, et les réglages qui vont avec.

Silice libre, humidité, courbe de l’aliment : trois mesures qui fixent le réglage de la mâchoire et le prix des joues.

Quand la cible descend sous quarante-cinq microns, l’étage fin devient le poste qui décide de tout le bilan.

La fabrication des organes d’usure et des ensembles mécaniques qui suivent l’étage primaire.